Habiter les terres

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DATES DE TOURNÉE

Festival des Francophonies en Limousin
Limoges – France

26 et 27 septembre 2016
Informations ici

Théâtre du Tandem
Rouyn-Noranda et Ville-Marie
du 11 au 23 octobre 2016
Informations ici

Théâtre du Marais
Val-Morin
9 novembre 2016
Informations ici

A été créé en février 2016
Au Théâtre Aux Écuries a Montréal

HABITER LES TERRES :
utopie d’une révolte rurale

Guyenne, un village au nord du pays, ses habitants, sa terre, ses ours et ses outardes se battent pour leur survie. Un décret est paru : le gouvernement va fermer les routes, récupérer les terres, vendre les arbres, déporter les enfants de ceux qui ont ouvert la région il n’y a pas cent ans. Guyenne résiste et kidnappe le ministre de l’Occupation du territoire pour forcer le premier ministre à venir planter ses pieds dans leurs terres : à partir de là ils parleront peut-être la même langue. Une résistance déjantée s’organise : et si les citoyens se donnaient les moyens de leurs rêves!

Cette fable politico-magique fait naître une langue boréale inspirée de nos territoires, à la fois rêches et magnifiques. Habiter les terres, c’est une alternance entre l’intime et l’immense, le privé et le communautaire.

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Guyenne, ses habitants, sa terre, ses ours et ses outardes se battent pour la survie du village. Un décret est paru : le gouvernement va fermer les routes, récupérer les terres, vendre les arbres, déporter les enfants de ceux qui ont ouvert la région il n’y a pas cent ans. Guyenne résiste et kidnappe le ministre de l’occupation du territoire pour forcer le Premier Ministre à venir planter ses pieds dans leurs terres: à partir de là ils parleront peut-être la même langue.

Ce texte parle du rapport à notre territoire immense, à notre pays glorifié dans nos esprits mais bafoué au quotidien, de notre peuple désolidarisé, du mépris de notre courte histoire, et surtout de nos paysages intérieurs qui forgent nos identités.

L’auteure y travaille une langue et des personnages qui se déploie comme on laboure une terre : avec robustesse et désir. Le metteur en scène, la scénographe, la conceptrice d’éclairages, le compositeur sonore et six comédiens œuvrent à ses côté pour faire émerger cette poésie de gravelle. Ensemble, ils construisent une théâtralité où le réalisme cède le pas au magique. Par leurs corps engagés et leurs voix rythmés l’horizon de cet univers théâtral devient aussi vaste que celui du nord du pays et la langue aussi vibrante que le chant des voiliers d’outardes au printemps.

Marcelle, l’auteure, nous plonge dans un univers riche : une tragédie mythologique, fantaisiste. Ce texte est une parole forte, écrite dans une langue très musicale. C’est une partition poétique où l’individualisme n’est plus permis. C’est la force des derniers retranchements. Où la seule façon de contrer la «loi du plus fort» est d’y opposer la solidarité.

Un ours, des outardes, un ministre qui prend racine dans le milieu d’un champ et un chœur, un village! La théâtralité que je recherche passe beaucoup au travers du Chœur-des-Habitants. Un vrai travail socialiste! J’aimerais qu’il ait un véritable impact, qu’on sente une force, une charge émaner de lui. C’est une recherche hyper-enrichissante et très pertinente à notre époque. De tout temps on veut mettre en scène les foules, la multitude, le peuple au théâtre. Aujourd’hui devant l’effritement du filet social et les mesures d’austérité, il me semble que travailler une mise en scène se basant essentiellement sur un acte de solidarité est plus qu’à propos. C’est une image puissante. Stimulante.
Jacques Laroche

Habiter les terres prend racine dans un travail anthropologique fait par l’auteure en résidence d’écriture en Abitibi-Témiscamingue.


Originaire de la région, je suis retournée sur les traces des fondements de mon identité. J’ai arpenté la région avec le désir de rencontrer intimement ses habitants. J’ai donc interviewé une douzaine de personnes ancrées dans le pays du Nord. Un photographe m’a accompagnée dans ce road trip. En trois semaines, nous avons fait plus de 2000 km, en allers-retours entre Rouyn-Noranda et les villages du Témiscamingue et de l’Abitibi. Le soir, je retranscrivais les entrevues faites dans la journée. Après cette cueillette riche en perles dramatiques, je me suis retrouvée devant un choix à faire : docufiction ou fiction? Fiction! Pour avoir les coudées franches. Pour être fidèle au désir de soulèvement politique que j’ai capté chez ces habitants, sans être contrainte à un devoir de vérité. Quant aux photos et aux comptes rendus, ils trouveront leur place dans une publication qui accompagnera le spectacle lors de sa création. Ainsi, les spectateurs accéderont aux deux œuvres : l’inventée et la documentée.
Marcelle Dubois

Découvrez les comptes rendus des rencontres qui ont fortement inspiré la fiction.

Cette fiction débutée il y a trois ans trouve un écho incroyable dans l’actualité du Québec de 2015. Le discours ambiant émanant des grands centres, comme celui du Conseil du patronat, de la Chambre de commerce métropolitaine, traduit un désintérêt pour les régions, considérées comme un réservoir de ressources et de main-d’œuvre.

Face aux politiques désastreuses pour leur vitalité, les régions ressources, comme on les appelle, cherchent les moyens de s’opposer aux politiques gouvernementales, comme en témoigne le mouvement citoyen Touche pas à ma région!.

La Guyenne imaginaire campée par Marcelle Dubois est non seulement une mise en abyme de l’Abitibi-Témiscamingue, mais aussi un microcosme qui nous invite à penser le Québec d’aujourd’hui. En 2015, que reste-t-il des espoirs des générations précédentes, qui ont peuplé ces terres au nom d’un projet collectif qui semble bien lointain? Dans une langue poétique, Marcelle Dubois cherche l’humanité derrière les discours technocratiques qui voudraient réduire l’appartenance à une question d’occupation du territoire.
Habiter les terres, c’est une sorte de bilan, un miroir tendu non seulement vers les citoyens des régions éloignées, mais aussi vers le Québec tout entier.

Afin de réellement rendre justice aux propos de l’œuvre, nous désirions nous associer au Théâtre du Tandem, compagnie de création située à Rouyn-Noranda, dont le quotidien est fait de résistance dans cette région éloignée. Grâce à cette collaboration, l’auteure, trois des six comédiens et la conceptrice d’éclairages sont originaires du pays du Nord.

Habiter les terres s’inscrit dans la lignée des spectacles des Porteuses d’Aromates qui font vivre un théâtre dont la forme se distancie du réalisme. En mettant le fabuleux et le réel sur un pied d’égalité, nous voulons créer un espace où nous réinventer, nous rêver, nous donner de nouvelles libertés. Et si les icônes de nos territoires, les ours, les outardes, la terre, avaient le même pouvoir d’influence que les hommes? Et si on mettait en scène nos espoirs d’utopie, notre désir de réappropriation du territoire?

À travers cette association avec Les Porteuses d’Aromates, le Théâtre du Tandem, quant à lui, soutient l’émergence d’une parole artistique audacieuse et originale, ancrée dans la réalité et l’imaginaire des citoyens de l’Abitibi-Témiscamingue.

TEXTE MARCELLE DUBOIS
DIRECTION ARTISTIQUE : HÉLÈNE BACQUET ET MARCELLE DUBOIS
MISE EN SCÈNE JACQUES LAROCHE
INTERPRÉTATION ODETTE CARON, STÉPHANE FRANCHE, JACQUES LAROCHECATHERINE LAROCHELLE, PIERRE LIMOGES ET JULIE RENAULT
SCÉNOGRAPHIE ET COSTUMES ÉRICA SCHMITZ
ÉCLAIRAGES LYNE RIOUX
CONCEPTION MUSICALE LUDOVIC BONNIER
ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE, RÉGIE ET DIRECTION DE PRODUCTION ANNE-SARA GENDRON

UNE COCRÉATION DU THÉÂTRE DU TANDEM ET DU THÉÂTRE LES PORTEUSES D’AROMATES

L’auteure a bénéficié d’une bourse d’écriture du Conseil des arts du Canada.
Le projet a bénéficié d’une résidence de recherche au Théâtre Aux Écuries, soutenue par une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec.

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