Œuvre de destruction

Œuvre de destruction

Lecture publique
Présentée au Théâtre Aux Écuries
9 mars 2009

Œuvre de destruction

Lecture théâtrale, suivie d’une réflexion thématique sur la guerre et la culpabilité citoyenne qu’elle génère.

Le théâtre, la science politique et la philosophie seront réunis à une même table-ronde à l’occasion d’un événement-lecture exceptionnel présenté par le Théâtre les Porteuses d’Aromates lundi le 9 mars prochain. L’événement propose une lecture de Œuvre de destruction, le plus récent texte de l’auteur Marcelle Dubois, suivie d’une table ronde composée de panélistes de prestige.

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Une salle d’archives médicales. Tard dans la nuit. Mademoiselle classe ses archives. Dans ce silence clandestin, on force la serrure. Alexandre, soldat post-traumatisé échappé de sa chambre d’hôpital, bondi dans la pièce. Commence alors un huis clos cruel et passionné où ces deux êtres rongés par la culpabilité chercheront à surpasser leur déséquilibre.

Œuvre de destruction explore le phénomène l’autodestruction, métaphorique autant que physique. L’homme est assiégé par une machine destructrice : la guerre. Celles que l’on se fait à soi-même jusqu’à celles qui opposent des peuples entiers. Œuvre de destruction parle aussi de mémoire : de la honte d’exister au présent puisque nous avons si peu appris du passé, de l’espoir que l’on veut donner à nos enfants, du fardeau d’attentes qu’on leur lègue, tel un cheval de Troie. De fatalité. De dérives humaines…. Et de l’amour qui permet de surpasser ces réalités.

Par le biais des médias, nous côtoyons aussi quotidiennement la Palestine, le Darfour, l’Afghanistan que notre voisin immédiat. Tous réfugiés derrière nos écrans, comment appréhender la confrontante réalité de la guerre? Comment assimiler les événements à la vitesse où ils nous parviennent? Au milieu des nouvelles qui ne nous apprennent plus rien, qui relèguent l’essentiel au rang de l’anecdote, comment leur redonner un sens politique, philosophique et social? À la suite de la lecture d’Œuvre de destruction, avec nos invités, analystes, chercheurs et enseignants en science politique et philosophie, nous discuterons de cette grande question d’actualité qu’est la guerre et à notre façon d’y réagir en tant que citoyen nord-américain. La richesse de cette table-ronde se niche dans la sensibilité partagée et dans la complémentarité de réflexion et d’action des intervenants.

Pourquoi une amitié entre le théâtre et la réflexion plus académique? Quelle logique sous les affinités artistiques et scientifiques? Entre la pensée pressée et nos vies instantanées, le théâtre propose de s’arrêter pour ressentir, s’approprier, se réinventer un coin du monde. La science politique, autant que la philosophie, permettent de prendre le relais de l’impression pour nous amener sur le chemin de l’analyse, de la décortication. Voilà pourquoi une jeune compagnie théâtrale, s’allie à des chercheurs universitaires pour vous convier à cette soirée : parce qu’aujourd’hui encore l’engagement citoyen trouve son sens dans le rassemblement, dans le maillage entre le ressenti et la réflexion… et poussons l’audace : entre l’art et la science.

La lecture, fut suivie d’une discussion ouverte regroupant des conférenciers de haut calibre. Ryoa Chung, professeur en philosophie à l’Université de Montréal, Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’UQAM et auteur de l’essai L’Éthique du vampire, Rémi Landry, lieutenant colonel des Forces Armées Canadiennes à la retraite et analyste au Réseau de l’Information (RDI), Marie-Joëlle Zahar, professeure de science politique à l’Université de Montréal, membre du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (ROP). Nous y avons vu de nouveaux publics, universitaire et communautaire, y venir pour participer au débat soulevé. La soirée s’est étirée jusqu’à très tard, chacun poursuivant la discussion amorcée par la lecture-conférence. Cet engouement partagé par les spectateurs, les conférenciers et les artistes, confirment l’envie d’engagement face aux débats sociaux des Porteuses d’Aromates.

TEXTE : MARCELLE DUBOIS
MISE EN LECTURE : CHRISTIAN LAPOINTE
DISTRIBUTION : SYLVIO-MANUEL ARRIOLA, JOCELYN PELLETIER, MARYSE LAPIERRE